La CUMA de Laguiole démarre le 4ème service de piégeage de campagnols en Aubrac
Publié le 23/01/2026
Ils sont 75 éleveurs, désormais, à bénéficier du travail de 4 piégeurs professionnels et formés pour maintenir à un niveau supportable les populations de taupes et de campagnols dans les prairies de l’Aubrac.
“A Laguiole, nous avons commencé à imaginer embaucher un piégeur au moment où la CUMA de Sainte Geneviève créait ce nouveau service de piégeage” raconte Jérôme Ferrier, éleveur adhérent de la CUMA de Laguiole. “Nous avons facilement rassemblé 28 éleveurs partants, il ne nous manquait plus qu’à trouver un piégeur. Le fils de l’un de nous est allé tester le métier auprès du piégeur de Sainte Geneviève, ça lui a plu, alors nous avons concrétisé ce projet. Des rats, il y en a de plus en plus et nous, nous avons de moins en moins le temps de nous en occuper. Créer un emploi de piégeur, formé et qui pratique une lutte collective et coordonnée, c’est une solution.”
“Ca ne nous revient finalement pas très cher”
A Sainte Geneviève et Cantoin, cette méthode de lutte a été expérimentée à partir de 2022. “Inspirée d’une méthode créée pour les aires de captage des eaux de Volvic, qui a montré son efficacité, la nouveauté était surtout ce temps plein de piégeur supporté collectivement par une CUMA” explique Chloé Sillon, chargée de mission Agro-environnement au Parc naturel régional de l’Aubrac qui a accompagné cette expérimentation et trouvé les premiers financements auprès du Fonds Vert de l’État et de la Région Occitanie. “Aujourd’hui, c’est le FMSE, un fonds de mutualisation agricole, qui subventionne et pérennise cette solution. C’est une vraie reconnaissance de son utilité.” “Ca ne nous revient finalement pas très cher” explique Guillaume Raynal, responsable du service à Sainte Geneviève, “en moyenne 500 € par an et par exploitation, c’est variable en fonction des surfaces piégées”.
“On nous prenait pour des farfelus”
A Sainte Geneviève, après 4 années d’expérimentation, le bilan est très positif. “Il y a 4 ans, on trouvait ça bizarre, de créer un emploi de piégeur de campagnols, on nous prenait pour des farfelus” raconte Guillaume Raynal, amusé. “Aujourd’hui, contre les taupes, on voit que ça marche. Les 19 éleveurs sont très contents. Nous n’avons pas beaucoup de temps, ni d’envie, pour piéger. Nous n’avons pas non plus les compétences. Un piégeur professionnel, ça y fait beaucoup. Maintenant nous constatons que nous n’avons plus de terre dans le foin, c’est déjà très positif. La terre apportée par les taupinières est délétère pour la rumination de nos animaux. Le matériel que nous avons pour épandre le PH3 contre les taupes, nous ne nous en sommes jamais servi et nous allons le revendre”. Est-ce que cette méthode de piégeage permet effectivement de lutter contre les pullulations de rats taupiers ? Pour l’instant, cela n’a pas été confirmé étant donné qu’il n’y a pas eu de pullulation. “Si une pullulation revient, on pense que ça ne l’arrêtera pas, mais probablement, ça limitera le nombre de rats” pense-t-il.
Une méthode de lutte mécanique, collective et coordonnée
Le campagnol terrestre est un rongeur souterrain des prairies d’altitude. Ses effectifs sont soumis à des variations cycliques avec des pics de pullulation, où les populations peuvent aller jusqu’à plusieurs centaines d’individus par hectare. Les campagnols s’installent dans les galeries des taupes et mangent l’herbe par la racine. Dans une prairie pâturée, ses dégâts sont conséquents et impactent fortement l’autonomie fourragère des exploitations d’élevage.
Cette méthode de lutte par l’utilisation de pièges mécaniques doit être collective et coordonnée, basée sur l’observation des populations de taupes et de campagnols et l’intervention d’un piégeur salarié. Elle est organisée en période de basse densité de populations sur des parcelles proches les unes des autres. Elle est accompagnée par la FREDON Occitanie et subventionnée par le FMSE.
En Aubrac, 4 CUMA ont créé ce service : Sainte Geneviève/Cantoin en 2022, Alpuech/La Terrisse en 2024, Soulages/Montpeyroux en 2025 et Laguiole en 2026.