C’étaient les thèmes retenus le 17 septembre au Nayrac où le Parc naturel régional de l’Aubrac organisait une journée d’ateliers techniques à destination des agriculteurs sur la commune. Ce
rendez-vous s’inscrivait dans le cadre de l’Atlas de la Biodiversité Communale en cours de réalisation et le programme Trames écologiques porté par le Parc.
Trois ateliers étaient proposés, du nord au sud de la commune, chez des agriculteurs concernés :
Des intervenants du CPIE (Centre Permanent d’Initiatives pour l’Environnement du Rouergue), de l’Association Française d’Agroforesterie, du Conservatoire botanique national Pyrénées – Midi-Pyrénées et la chargée de mission agro-environnement du Parc animaient ces ateliers en présentant leurs connaissances et expertises. Au travers d’un groupe d’une quinzaine de personnes associant autour de ces intervenants des agriculteurs et élus de la commune, et quelques autres agriculteurs intéressés et partenaires du Parc provenant d’autres communes de l’Aubrac, de nombreux échanges sur les pratiques et les expériences vécues des agriculteurs ont permis d’alimenter la réflexion sur la place et l’intérêt des prairies naturelles et sur les enjeux autour des pollinisateurs et de l’arbre dans la ferme.
Cette journée technique a été l’occasion de mettre en avant la très grande biodiversité qui est présente dans les prairies naturelles, contenant à elles seules 1/5 de la diversité végétale que l’on retrouve en France. Cette diversité floristique est héritée d’une évolution de la flore avec son environnement et les pratiques agricoles des exploitants. Les espèces présentent naturellement, non seulement sont fortement adaptées à leur environnement, mais montrent aussi, lorsque les prairies sont très diversifiées, une forte résistance aux aléas climatiques. Plus les espèces sont nombreuses et adaptées à leur environnement, plus la prairie est apte à conserver l’ensemble de ses fonctions et des services qu’elle rend (agricoles et environnementaux) face à des aléas climatiques ou autres (sécheresse, rats taupiers…).
L’importance d’avoir plusieurs types de prairies (plus ou moins fertiles, plus ou moins précoces) a également été mise en avant. Cette diversité permet une meilleure souplesse d’exploitation et une meilleure adaptation de l’exploitation sur plusieurs années. Les atouts de chaque prairies sont précieux pour faire face à des aléas différents et permettent de conserver globalement des rendements suffisants. Un point de vigilance a aussi été soulevé sur les fauches précoces qui engendrent une perte de biodiversité à terme et une banalisation de la flore. Elles rendent également la prairie plus sensible aux aléas et font perdre en souplesse d’exploitation. Il est donc important de ne pas réaliser des fauches précoces trop souvent sur une même parcelle et surtout de conserver un nombre important de parcelles fauchées tardivement.
Il a également été souligné que les prairies très riches en biodiversité et peu fertilisées abritent de nombreuses espèces qui assurent une grande qualité de l’herbe pour les animaux. Elles apportent protéines (lotier corniculé, trèfles…) et autres molécules et composés aromatiques (terpènes, flouve odorante, thym serpolet…). D’autres espèces peuvent assurer la bonne santé des animaux qui les consomment (achillée millefeuille, plantain lancéolé…).
L’importance des insectes pollinisateurs pour le maintien d’un monde vivant a aussi fait l’objet de présentations et de discussions : face au constat alarmant du déclin des populations d’insectes, il a été rappelé par le CPIE leur rôle pour la pollinisation et donc la reproduction des plantes à fleur, pour la réussite et la qualité de nombreuses productions agricoles, pour la régulation naturelle des ravageurs des cultures…. Des actions et des solutions pour limiter ce déclin sont possibles et ont été expliquées : maintenir et développer des haies multi-étagées, des bandes enherbées fleuries, maintenir du lierre sur les arbres, favoriser les refuges et habitats naturels (tas de branches, zones de terre nue…), conserver ou implanter des arbres autour et dans les parcelles. Ces pratiques d’agroforesterie, présentées au cours du dernier atelier, peuvent offrir d’autres bénéfices aux agriculteurs : abris et complément de nourriture pour le bétail, production de biomasse (plaquettes), limitation de l’érosion… L’Association Française d’Agroforesterie qui animait cet atelier propose un accompagnement personnalisé pour les agriculteurs qui le souhaitent avec des possibilités de financement de certaines actions (contact : helene.cayron@agroforesterie.fr).
Cette journée riche en informations s’achevait par la découverte, pour la plupart d’entre nous, d’une orchidée de saison sur les parcelles visitées, la spiranthe d’automne. Signe que la biodiversité particulièrement remarquable sur notre territoire !
Actualité coécrite par Gilles Valero et Chloé SIllon.