Biodiversité

24 juillet 2026

Mieux connaître et reconnaître le patrimoine rocheux de l’Aubrac

Blocs erratiques en Aubrac - A. Méravilles
Blocs erratiques en Aubrac - A. Méravilles

“C’était un peu un angle-mort de la connaissance du patrimoine naturel et culturel de l’Aubrac” explique Bertrand Goguillon, chargé de mission Biodiversité au Parc naturel régional de l’Aubrac. 

“Les falaises, les chaos granitiques, les murs en pierre sèche, les blocs erratiques… font partie intégrante des paysages de l’Aubrac mais nous, naturalistes, nous n’avions, jusqu’à récemment, pas beaucoup de connaissances précises sur leur cartographie en fonction de la nature des roches et de leur morphologie, des trames que ces infrastructures constituent, ainsi que de la faune et de la flore qui en dépendent” reconnaît-il.

En 2025, cette carence a été comblée par le travail patient et titanesque accompli par une jeune stagiaire, Marie-Sarah Gillon, en stage de fin d’études. “Globalement, ce travail a démontré que l’Aubrac a su préserver un bon maillage rocheux, sans fragmentation trop importante ou coupure nette. Cette trame rocheuse, c’est un trésor à préserver !” pointe l’expert.

Cartographie de la trame rocheuse de l’Aubrac, typologie des roches, enjeux biodiversité et identification des secteurs prioritaires… le Parc est désormais équipé pour renseigner tout acteur du territoire qui aurait un projet d’aménagement qui pourrait avoir un impact sur des milieux rocheux.

Drailles de l'Aubrac - A. Méravilles
Drailles de l'Aubrac - A. Méravilles
Gorges du Bès - J. Damase
Gorges du Bès - J. Damase

“Pour des travaux d’entretien du réseau électrique par exemple, ou l’ouverture de nouvelles voies d’escalade, le tracé d’une course…” donne-t-il en exemple. 

“Dans les gorges de la Truyère, il y a un enjeu fort pour la préservation des nids des faucons pèlerins et des hiboux grand duc. En connaissant mieux les secteurs à enjeux, nous pouvons accompagner les acteurs pour concilier les usages avec la préservation des espèces” explique l’agent du Parc.

Sur le haut plateau, autre exemple cité, les murs en pierre sèche et les blocs erratiques forment un maillage rocheux qui participe à l’équilibre des milieux naturels. “L’exemple le plus simple est celui de l’hermine, véritable “gardienne des prairies”. L’hermine a besoin des murs en pierre sèche pour vivre et elle préserve les prairies en passant ses journées à chasser les campagnols, ces rats des champs qui mangent l’herbe par les racines. Ils représentent 90 % de son alimentation, elle peut en tuer plus de 30 par jour lorsqu’elle élève ses petits. On dit qu’elle est un “prédateur hyper spécialisé” sur ce type de rongeur” précise-t-il. 

“Moins connu il y a aussi le campagnol des neiges, espèce rare et qui ne cause pas de dégâts dans les prairies, il ne vit nulle part ailleurs que sous les blocs erratiques !”

Hermine et campagnol - Renaud Dengreville
Hermine et campagnol - Renaud Dengreville
Blocs erratiques et draille en Aubrac - B. Colomb - PACT Aubrac
Blocs erratiques et draille en Aubrac - B. Colomb - PACT Aubrac

Ces nouvelles connaissances seront présentées et expliquées samedi 8 août à l’occasion du Festival Latcen Pas à la station de ski de Saint Urcize. “Nous interviendrons à deux voix” explique Nathalie Blondel-Baur, naturaliste missionnée par le Parc naturel régional de l’Aubrac pour travailler sur ces sujets. “Le matin, de 11h à 12h30, avec le volcanologue Frédéric Lecuyer nous planterons le décor de la géologie de l’Aubrac, ses roches, son histoire,… Puis de 14h30 à 15h30 nous présenterons cette trame rocheuse et l’exceptionnelle biodiversité qu’elle participe à maintenir.

Ce travail d’acquisition de connaissances sur les trames rocheuses de l’Aubrac est l’un des volets du Programme Trames écologiques du Parc naturel régional de l’Aubrac. Il est financé par le Fonds vert de l’État et de l’Agence de l’Eau Adour Garonne.

Neck de Marchastel - B. Colomb - PACT Aubrac
Neck de Marchastel - B. Colomb - PACT Aubrac