Via le jeu sérieux, “La Grange”, créé par INRAE, une trentaine d’acteurs des filières d’élevage de l’Aubrac ont planché sur ce que serait l’élevage en Aubrac à l’horizon 2050.
« C’était intéressant de travailler ensemble, cela permet d’élargir sa vision. Finalement, cela fait un peu moins peur que de réfléchir seul » réagissait l’un des participants. “Ce travail s’inscrit dans la lignée de deux programmes d’action portés par le Parc naturel régional de l’Aubrac, l’un sur l’adaptation du territoire au changement climatique, et l’autre sur le Projet alimentaire territorial de l’Aubrac” explique Stéphanie Ingels, chargée de mission filières locales au Parc.
“Nous avons surtout eu la chance de rejoindre un projet de recherche plus large porté par INRAE qui a pour but d’évaluer des pistes d’adaptation des filières d’élevage face aux changements climatiques et socio-économiques”. “L’étude s’articule autour de trois territoires clés avec 3 types de climats différents : la Bretagne pour le climat océanique de plaine, le bassin de Roquefort pour le climat méditerranéen et le Massif central avec deux zones témoins en moyenne montagne, le plateau de Millevaches et l’Aubrac” présente Patrick Veysset, ingénieur de recherche INRAE à Clermont-Ferrand. « Travailler avec le Parc est essentiel : cela nous permet de créer du lien entre les acteurs du territoire sans biais de sélection », précise-t-il.
Dans un premier temps, les participants ont été invités à modéliser leur vision actuelle du massif de l’Aubrac : surfaces en herbe ou cultivées, importance et types d’élevages, emploi agricole, place de l’industrie ou encore les aspects environnementaux et socio-culturels. L’atelier a ensuite plongé les groupes dans le futur. Projetés à l’horizon 2050, les participants ont dû faire évoluer leur territoire en fonction des évolutions climatiques présentées par INRAE et en fonction de deux scénarios socio-économiques contrastés : l’évolution de la France et de l’Europe selon un modèle plus libéral ou selon un modèle de transition environnementale. Face à ces trajectoires opposées, les discussions ont été vives. Quelles seront les évolutions de l’élevage sur le territoire ? Quelles nouvelles cultures deviendront possibles sur le plateau ou dans les vallées ? Les échanges ont mené à imaginer un territoire qui s’adapterait au mieux aux scénarios donnés.
« Discuter avec des personnes qui viennent d’horizons différents, avec des professions variées, est très intéressant car on ne pense pas aux mêmes choses, ni de la même façon », confiait un participant à la sortie de l’atelier. « C’était un très bon exercice pour se projeter, il nous a permis de poser les premières bases d’une stratégie territoriale ». Ce travail se poursuivra avec deux autres ateliers au printemps et à l’automne pour concevoir des stratégies d’adaptation. Les résultats de ce projet de recherche seront finalisés et diffusés en 2027.