La commune de Saint-Urcize a engagé un chantier sur le site emblématique du Rocher de la Vierge, point culminant du village. Mercredi 13 mai, partenaires et financeurs étaient invités à faire un tour de ce chantier exemplaire à plusieurs titres.
“C’est un site important pour le village, un témoin de notre histoire” a introduit Florence Delas, toute nouvelle maire. “Je remercie mon prédécesseur Bernard Remise, qui a engagé ce projet, et Bernard Porteneuve, qui l’a initié tient-elle à citer. “Quand, en 2024, la commune m’a exposé sa volonté de rénover l’accès au rocher” raconte Yohan Planche, chef de projets “Villages d’avenir” pour la DDT du Cantal, “nous nous sommes dit que le site méritait une restauration exemplaire, qui mette en avant le travail de la pierre sèche et l’utilisation de matériaux locaux.”
Accompagnés sur le plan technique par l’Association des artisans bâtisseurs en pierres sèches (ABPS) et le Parc naturel régional de l’Aubrac, et sur le plan financier par l’État et la Région Auvergne-Rhône-Alpes, des entreprises qualifiées ont été sélectionnées et le chantier a démarré début 2026. Hugo Receveur, urbaniste-paysagiste et maître d’oeuvre du projet, poursuit la présentation : réhabilitation de plus de 150 m2 de murs en pierres sèches, murs de clôture, de soutènement, simple et double parement, avec utilisation de pierre présente sur place et d’un stock établi par les services municipaux ; création d’une calade à sec, un revêtement traditionnel et perméable fait de galets de rivière calés, sur chant, sans mortier, sur lit de sable, en l’occurence du “sable noir provenant de la carrière de Cantoinet à 30km de là” ; aménagement d’un espace de promenade et de pique-nique ; et enfin, sécurisation de l’accès au sommet par la rénovation de l’escalier en marches de granit, “un défi de pose” et par l’ajout d’un garde-corps. “Sur le plan technique, c’est le plus gros projet en pierre sèche de l’Aubrac” juge-t-il en connaisseur.
“Pour la Région Auvergne-Rhône-Alpes, c’était un projet à soutenir fortement pour sa valeur d’exemple : on valorise notre patrimoine, culturel et naturel, paysager. On valorise le cadre de vie des habitants. On valorise aussi une filière économique locale à travers des artisans, des bâtisseurs qualifiés” explique Martine Guibert, élue régionale. “C’est un très très joli projet pour nous” termine l’artisan. “Moi je suis d’ici, de Saint Urcize, je me suis formé à la pierre sèche, j’ai passé toutes les qualifications nécessaires pour faire ce type de projet, pour rénover le patrimoine de chez nous.”
Le chantier est porté par la commune et accompagné par les services de l’État, la Région Auvergne-Rhône-Alpes et le Parc. Il est piloté par le maître d’œuvre urbaniste-paysagiste Hugo Receveur. Les travaux de pierres sèches sont réalisés par l’entreprise Les Maçons de l’Aubrac, gérée Fabrice Sych et Vincent Rodier, tous 2 en possession d’un certificat professionnel de bâtisseur en pierre sèche. Les garde-corps de l’escalier ont été réalisés par l’entreprise Philippe Reversat à Saint Urcize.
A la fin du chantier du Rocher de la Vierge, l’association des artisans bâtisseurs en pierre sèche organise une formation pour disposer de connaissances sur la qualité des murs en pierre sèche et être en mesure d’entretenir le patrimoine bâti avec cette technique. Un mur d’une dizaine de mètres sera réalisé à cette occasion. Cette formation convient particulièrement aux maçons professionnels et aux agents communaux. La formation est payante et se déroule du 22 au 26 juin. Informations et inscription auprès de Laure Bouju, à l’ABPS au 04 66 32 58 47.