Climat

5 février 2026

Quelles adaptations au changement climatique pour l’Aubrac ?

Atelier Climastory le 5 février 2026 à Soulages Bonneval - PNR Aubrac
Atelier Climastory le 5 février 2026 à Soulages Bonneval - PNR Aubrac

“Nous sommes en 2050 et, autour de nous, le climat a changé. La première chose que l’on remarque, c’est qu’il fait moins froid qu’autrefois. […] Les hivers sont plus doux, mais ce sont surtout les étés qui marquent les esprits. Il fait plus chaud. Atteindre 35 °C dans la vallée du Lot était déjà courant, désormais cela arrive également dans la Viadène et dans le Caldaguès. […] Les sécheresses sont bien plus fréquentes qu’avant, presque 50 % de plus. En été, les rivières manquent d’eau, avec des débits en baisse de 20 à 40 %. L’herbe pousse bien plus tôt qu’avant, et certaines années, les gelées tardives causent vraiment des dégâts. […]”

C’est par ce récit “glaçant” que Nadège Mouliade a introduit l’atelier “Climat Story” organisé par le Parc naturel régional de l’Aubrac le 5 février à Soulages-Bonneval. 

Un récit bâti à partir d’un long travail d’analyse des données météorologiques pour l’Aubrac à l’horizon 2050 et 2100. “Il nous faut anticiper, agir plutôt que subir. Le Parc est une structure référente pour engager notre territoire dans une trajectoire d’adaptation” a annoncé l’élue du Parc.

  • Augmentation de 2.3ºC de la température moyenne.
  • Augmentation très importante des épisodes caniculaires et nuits tropicales (spécialement dans la vallée du Lot).
  • Réduction de 1/3 du nombre de jours de gel.
  • Réduction de 2/3 du nombre de jours avec de la neige au sol.
  • Augmentation de 50 % des sécheresses du sol.
  • Réduction de 10 % du débit des cours d’eau et jusqu’à 20 % en période d’étiage.

Données brutes mises à disposition par Météo France et l’État (DRIAS modèle Aladin, Adamont et TRACC).

C’est à l’aide d’un jeu sérieux, “Climastory”, qu’une quarantaine de participants a planché sur une trajectoire d’adaptation, dans un premier temps centrée sur l’adaptation du secteur touristique. Un autre atelier se penchera sur l’élevage le 4 mars à Nasbinals avec l’intervention de l’INRAE. D’autres pourront suivre. Pour chaque indicateur climatique, les participants ont imaginé les impacts locaux, puis les actions collectives à mettre en œuvre à l’aide d’un jeu cartes très riche en solutions. “C’est un travail prospectif très intéressant” commente Christine Sahuet, vice-présidente du Parc. “Il nous faut être conscient de ces changements et se projeter, ce n’est pas évident, mais tout a déjà commencé. Ce temps de travail était génial, on avait tendance à être déjà dans la réflexion sur les solutions !”

“C’était un exercice intéressant, on est parti des contraintes subies et dès le deuxième tour de jeu, on a pu agir sur des leviers collectifs” ajoute Ludovic Pommaret, chargé de mission à la Région Auvergne-Rhône-Alpes. “C’est un très bel exemple de la plus-value qu’apporte un Parc sur un territoire : expertise, concertation, et après innovation, expérimentation…” poursuit-il. “Vu les enjeux, le tourisme doit s’engager dans une trajectoire d’adaptation” analyse Laurent Mouliade, qui possède une maison d’hôtes à Nasbinals et est élu au Parc. “Nous devons nous informer sur ces changements, être en alerte, et élaborer des solutions positives, adaptées à notre territoire, c’est l’opportunité de se réinventer. L’Aubrac a toujours été un territoire de résilience.”

Les actions identifiées seront retravaillées lors d’un atelier de trajectoire le 9 mars à Recoules d’Aubrac. “Mais déjà, on se rend compte qu’un équilibre se dessine entre des solutions fondées sur la nature, de l’ingénierie, de l’innovation et des actions de gestion” analyse Silvia Estévez Santos, chargée de mission Énergie Climat au Parc qui pilote ce travail de longue haleine. 

Conduit dans le cadre du programme d’action Aubrac 2050 porté par le Parc naturel régional de l’Aubrac, ce travail est financé par l’ADEME et l’Agence de l’Eau Adour Garonne. “Climastory” est un jeu sérieux créé par Auvergne-Rhône-Alpes Énergie Environnement.