Élevage

7 juillet 2026

Paiements pour Services Environnementaux : 115 exploitations sont retenues en Aubrac

Vache Aubrac au pâturage - A. Méravilles
Vache Aubrac au pâturage - A. Méravilles

L’Agence de l’Eau Adour-Garonne a déployé un nouveau dispositif pour les éleveurs de l’Aubrac. Les paiements pour services environnementaux (PSE) rémunèrent les actions qui contribuent à restaurer ou maintenir des écosystèmes dont la société tire des bénéfices : préservation de la qualité de l’eau, stockage de carbone, protection du paysage et de la biodiversité…

Expérimenté depuis plusieurs années dans d’autres territoires, le Parc naturel régional de l’Aubrac accompagne la mise en œuvre de ce programme en Aubrac aux côtés Saint-Flour Communauté sur le bassin versant de la Truyère et du Syndicat mixte Lot Dourdou sur le bassin versant du Lot amont. Complémentaires aux Mesures agro-environnementales et climatiques de la PAC qui sont réservées aux zones Natura 2000, les PSE sont accessibles à des exploitations hors de ces zones. En Aubrac, ce soutien est orienté spécifiquement sur la préservation des zones humides et des prairies permanentes.

Fin 2025, le Parc avait conduit plusieurs réunions publiques avec ses partenaires pour informer les exploitants de la mise en œuvre sur l’Aubrac de ce nouveau dispositif. A ce jour, 115 exploitations sont retenues par l’Agence ou en cours d’instruction. Le montant total d’aide dépasse 1 M€. 

Des expertises de leurs zones humides doivent être conduites pour affiner le montant des paiements et proposer des mesures de gestion. Naturellement, le Parc réalise une partie de ces expertises : étude de l’alimentation en eau de la zone, de la gestion pastorale, des équipements pastoraux (points d’abreuvement, clôtures, traversées de cours d’eau…) Pour l’instant, 1 205 hectares de zones humides sont cartographiés et engagés, ce qui représente 7 % des zones humides de l’Aubrac. Le soutien est plafonné à 9000 €/an/part de GAEC pendant 5 ans, limité à 3 parts de GAEC. L’Agence de l’Eau Adour-Garonne mobilise une enveloppe de l’ordre de 7 millions d’euros pour l’ensemble du grand sud-ouest.

Pâturage en zone humide - Jean-Sébastien Caron
Pâturage en zone humide - Jean-Sébastien Caron

“C’est une très bonne chose” réagit spontanément Jean-Pierre Niel, éleveur à Saint Geniez d’Olt et d’Aubrac et tout nouvellement désigné président de la commission Eau du Parc. “Toutes les parcelles de notre exploitation sont en prairies naturelles et on fait ce qu’il faut pour les préserver : jamais de chimie, mais du lisier et un apport en chaux. Ces paiements pour service environnementaux, c’est reconnaître que l’on travaille bien, et que c’est bénéfique pour le bien commun” termine-t-il. “Cette mesure, dans un contexte d’engagement volontaire, permet aux agriculteurs des zones concernées, de faire reconnaître et de valoriser leur mode de conduite et de préservation des prairies naturelles” poursuit Serge Franc, éleveur à Argences en Aubrac et lui aussi nouvellement président de la commission Agriculture du Parc. “Elle s’applique à l’échelle d’un territoire plus vaste qu’aux seules zones d’intérêt écologiques, et permet par là même de toucher un plus grand nombre d’exploitations agricoles. C’est une forme de reconnaissance”.