“C’est une page qui se tourne” explique Bernard Bastide, président du site et président du Parc naturel régional de l’Aubrac. “Cela fait 16 ans que le site était géré par la Communauté de communes de l’Aubrac lozérien, puis par celle des Hautes Terres de l’Aubrac. Le Parc est un outil d’envergure pour notre territoire et sa charte prévoit qu’il coordonne les politiques en faveur de la biodiversité. Pour ces raisons et d’autres, ce transfert a été préparé.”
Légitimité du Parc, pérennité du poste de l’animateur et travail en équipe pluridisciplinaire, optimisation financière pour la Région Occitanie…
Ce transfert se fait dans la continuité puisque l’animateur du site Romain Monlong, intègre l’équipe du Parc avec laquelle il partageait déjà ses bureaux à Nasbinals, et continue à mettre en oeuvre son animation au service du territoire et de la centaine d’éleveurs bénéficiaires des mesures agro-environnementales et climatiques.
“Natura 2000 est un programme européen dont l’objectif est de montrer qu’il est possible de maintenir des activités économiques tout en préservant la biodiversité”, explique Romain Monlong, l’animateur du site. “Les sites classés ont été retenus sur des critères de rareté d’espèces et d’habitats dits “d’intérêt communautaire”. Pour l’Aubrac lozérien, parmi les espèces remarquables on peut citer la ligulaire de Sibérie, une relique glaciaire, une plante qui existait déjà lors de la dernière période glaciaire. Elle est en régression à l’échelle européenne, donc protégée, mais en certains endroits de l’Aubrac, elle se porte très bien” poursuit-il.
“J’aime citer aussi la mulette perlière, une moule de rivière extrêmement sensible aux perturbations de son habitat. Elle est en forte régression en France mais subsiste encore dans 3 cours d’eau de l’Aubrac. Elle filtre l’eau pour y trouver sa nourriture et contribue ainsi à nous fournir une eau de qualité. 12 espèces au total ont justifié le classement Natura 2000. On peut aussi citer la loutre, l’écrevisse à patte blanche,…”
Le site est également classé pour ses milieux naturels qui offrent un habitat à de multiples espèces. “Les milieux les plus importants sont les tourbières que l’on appelle “hautes actives”, ce sont des tourbières qui continuent à produire de la tourbe. Elles sont très sensibles aux changements de pratiques et aux évolutions du climat. Il y a aussi évidemment les prairies, notamment celles appelées “pelouses à nard”, remarquables par le cortège d’espèces floristiques très diversifiées qu’elles abritent” termine-t-il.
Natura 2000 finance des études pour améliorer la connaissance des sites et des espèces, ainsi que des solutions de préservation quand cela est nécessaire. Le programme accompagne et conseille les porteurs de projets et les organisateurs d’événements et permet d’organiser des animations grand public. De plus, les éleveurs peuvent bénéficier de soutiens dans le cadre de la PAC pour la mise en œuvre et le maintien de pratiques agricoles favorables à la biodiversité. Entre 2023 et 2025, des contrats MAEC ont été mis en place pour 93 éleveurs, mobilisant une enveloppe de près de 2 millions d’euros d’aide pour 5 ans.